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ROSALIE MOLLER

Epave d'Egypte

Pendant la seconde Guerre mondiale, le Rosalie Moller faisait partie des vaisseaux contribuant à l’effort de guerre britannique. Lors de son dernier voyage, le Rosalie Moller naviguait en direction d’Alexandrie et transportait du charbon en vue de ravitailler les troupes basées en Egypte. Victime d’un mauvais concours de circonstances, il fut repéré lors du bombardement du Thistlegorm et fut attaqué deux jours plus tard par les avions allemands. Suite à l’explosion d’une bombe ennemie, l’eau s’engouffra dans les cales et il coula rapidement. Aujourd’hui, posé droit sur sa quille sur un fond de 50 mètres, le Rosalie Moller figure parmi les épaves emblématiques du Nord de la mer Rouge. Reposant à proximité de l’île de Gubal, ce cargo britannique remarquablement conservé resta cependant oublié durant plus de 50 ans. 

Type de bateau

Cargo à vapeur

Pavillon

Britannique

Mise à l'eau

12 décembre 1909 

Glasgow (UK)

Caractéristiques

Longueur 108,2 m

Tonnage 3963 tonnes

Puissance 1980 CV

Vitesse 10,5 noeuds

Un peu d'histoire

Initialement baptisé Francis, ce cargo fut mis à l’eau en janvier 1910 dans le chantier naval Barclay Curle & Co à Glasgow en Ecosse. Ce bateau de 108,2 mètres de long et de 15 mètres de large pouvait se déplacer à une vitesse de 10,5 nœuds grâce à un moteur 3 cylindres à triple expansion d’une puissance de 1 980 CV. La Booth Steamship Company, propriétaire du Francis, l'utilisa pour le transport de charbon en Angleterre et vers d'autres pays européens.

En 1931, la compagnie scandinave Moller Line en fit l’acquisition et le rebaptisa Rosalie Moller. Elle l’enregistra sous ce nouveau nom et dans le port de Shanghai (à l’époque sous contrôle des Anglais). Durant plusieurs années, le Rosalie Moller parcourut les mers à l’est de la Chine, entre Tsingtao et Shanghai.

 

En 1938, vu l’imminence de la guerre, le cargo fut ramené à Liverpool en vue d’une rénovation complète. En raison de sa vétusté et en dépit d’une révision minutieuse des moteurs en 1941, le Rosalie Moller ne parvenait plus à dépasser la vitesse de 7,5 nœuds. Il était cependant encore en mesure de rendre de bons et loyaux services et il fut exclusivement consacré au transport de charbon vers les bases navales britanniques.

 

En 1941, le Rosalie Moller reçut pour mission de convoyer à destination d’Alexandrie 4680 tonnes de charbon gallois pour les troupes britanniques stationnées en Egypte. Pour la petite histoire, le Pays de Galles produisait un charbon de très bonne qualité qui brûlait bien et ne produisait que peu de fumée. Cela donnait un avantage aux navires britanniques qui apercevaient les volutes de fumée des bateaux ennemis bien avant d’être eux-mêmes repérés.

 

Le voyage vers l’Egypte n’était pas particulièrement compliqué mais il s’annonçait très long. En effet, l’aviation allemande sévissait dans l’est de la Méditerranée et les convois des Alliés devaient contourner tout le continent africain pour se rendre en Egypte, les traversées en Méditerranée s’avérant beaucoup trop périlleuses.

 

Le 11 septembre 1941, le Rosalie Moller quitta le port de Durban en Afrique du Sud sous le commandement du capitaine James Byrne. Il longea les côtes est-africaines, fit une brève escale à Aden au Yémen et remonta la mer Rouge sans encombre jusqu’au détroit de Gubal. Il jeta l’ancre près de l’île de Gubal Saghir où il devait patienter pour pouvoir traverser le canal de Suez. Il y avait en effet une file d’attente qui variait en fonction du nombre de bateaux, de l’ordre de priorité de leurs cargaisons respectives et des attaques aériennes des Allemands. De plus, à ce moment, le délai d’attente était d’autant plus long qu’un navire était entré en collision avec une mine à l’entrée du canal et bloquait presque complètement la circulation.

Naufrage

Gubal Saghir Ouest

8 octobre 1941

Profondeur

17 à 50 m

Visibilité

10 à 20 m

Courant

Modéré à fort

Le naufrage

Les Allemands avaient établi une base aérienne en Crête avec leur escadron Kampfgeschwader KG 26. Au début de l’automne en 1941, ils avaient eu vent de l’arrivée imminente du navire Queen Mary qui transportait 1200 hommes destinés à renforcer les troupes alliées en Afrique du Nord. Les avions allemands Heinkel He 111 patrouillaient la mer Rouge sans relâche à la recherche de ce bateau.

 

Rentrant bredouilles la nuit du 5 au 6 octobre 1941, ils repérèrent le Thistlegorm (autre cargo britannique patientant dans cette zone en attendant de remonter vers Suez) et le coulèrent. L’explosion de leurs bombes ainsi que celles des nombreuses munitions présentes à bord provoquèrent une telle luminosité que les pilotes purent repérer d’autres bateaux amarrés dans les environs, notamment le Rosalie Moller.

 

Ils revinrent 48 heures plus tard et se dirigèrent droit vers ce dernier. A 0h45 dans la nuit du 8 octobre 1941, le Rosalie Moller fut coulé suite au largage de deux bombes qui touchèrent les cales n°4 et n°5. Tout se passa très vite et, à 1h45, le navire était totalement englouti. Les 30 membres d’équipage survécurent aux explosions mais deux d’entre eux perdirent la vie lorsque le bateau sombra.

 

Plongée dans l’oubli durant une cinquantaine d’années, l’épave fut (re)découverte en 1993.

La plongée

Il s’agit d’une plongée réservée aux plongeurs confirmés en raison de sa profondeur, la présence de courant et une visibilité généralement très moyenne. Il faut descendre dans le bleu avec une visibilité souvent réduite et peu commune pour la mer Rouge. Mais quelle sensation mémorable lorsque l’on aperçoit la silhouette impressionnante de cette épave, comme surgie de nulle part !

 

Le Rosalie Moller s’est posé droit sur sa quille sur un fond sableux à 50 mètres de profondeur, sur un axe nord-sud. Le sommet des mâts se rencontre à 17 mètres sous la surface, l’hélice quadripale à 45 mètres et le pont à 35 mètres.

 

Les cales contenant toujours leur cargaison de charbon offrent un intérêt limité. La balade s’effectue principalement sur le pont à une profondeur oscillant entre 30 et 35 mètres. On peut notamment y admirer l’impressionnante cheminée, effondrée sur la capitainerie, avec la grande initiale M de Moller toujours bien visible. A l’arrière, quelques mètres avant la poupe, on distingue très bien la zone d’impact des bombes côté tribord.

 

Côté faune, on peut y observer des mérous, des rascasses volantes, des priacanthes, des raies torpilles, des murènes mais aussi des poissons verres et des poissons hachettes. Un œil averti arrivera également à repérer les nudibranches et les crevettes vivant sur l’épave. Carangues et vivaneaux peuvent également être observés dans le bleu.

 

Le Rosalie Moller est une belle épave, bien conservée avec des structures moins endommagées que celles du Thistlegorm car il y a moins de bateaux qui se rendent sur ce site. Il s’agit en effet d’une plongée qui n’est pas accessible à tous les plongeurs et les conditions météorologiques doivent être optimales (vent, courant,..) pour pouvoir y plonger.

Le saviez-vous ?

On a souvent associé le Rosalie Moller au Thistlegorm en raison de leur grande taille, du lieu et de la manière dont ils ont été coulés. Les similitudes s’arrêtent cependant là, une trentaine d’années séparant la mise à l’eau de ces bateaux et la structure ainsi que la forme de leur coque sont totalement différentes. 

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