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Mâle ou femelle ? Pourquoi choisir ?

Dernière mise à jour : mai 14



Dans le règne animal, un individu est généralement soit mâle soit femelle, chacun étant exclusivement spécialisé dans la production de sperme ou d’oeufs. On nomme cela le gonochorisme c.-à-d. que chaque individu d’une même espèce n’est pas porteur de plus d’un sexe biologique.

Cependant, dans le monde sous-marin, la tendance diffère et on retrouve de nombreuses espèces hermaphrodites qui se scindent en deux groupes :



✔️ Hermaphrodisme simultané (ou synchrone)


Il s’agit d’un organisme adulte doté d’organes reproductifs appartenant aux deux genres et qui peut donc agir en tant que mâle et en tant que femelle. Les nudibranches et le poisson hamlet (Hypoplectrus) font partie de cette catégorie. Plus rares, certaines espèces sont à même de pratiquer l’autofécondation si besoin. Cependant, l’accouplement avec un autre partenaire reste toujours préférable d’un point de vue génétique.


✔️ Hermaphrodisme successif (ou séquentiel)


Il s’agit dans ce cas d’un organisme pouvant changer de sexe au cours de son existence. Généralement, il ne peut le faire qu’à une seule reprise (bien qu’il y ait des exceptions). Il existe trois tendances d’hermaphrodisme successif :


□ La protogynie : où l’individu naît d’abord femelle avant de se transformer en mâle.

L’avantage est que lorsqu’il existe une forte compétition entre mâles, seuls les plus grands et les plus puissants seront amenés à se reproduire. Et ainsi, les gènes les plus forts seront transmis. Lorsque l’individu est de plus petite taille, il vaut donc mieux qu’il se reproduise en tant que femelle. Une autre théorie soutient que plus le mâle est puissant, plus il sera à même de défendre et monopoliser le lieu de ponte. Ainsi, les mâles les plus grands et dominants auront le plus de probabilité de se reproduire. Exemples : le poisson napoléon, les poissons perroquets ou encore les anthias.


□ La protandrie : où l’individu est d’abord mâle avant de devenir femelle. 

Le plus célèbre représentant de ce groupe est sans conteste le poisson clown (Amphiprion) vivant en symbiose avec son anémone de mer. Cette dernière peut héberger jusqu'à un harem composé de l'unique femelle qui aura la plus grande taille, du mâle reproducteur qui sera le deuxième en terme de taille et de nombre d’autres mâles non-reproducteurs qui seront plus petits. Si la femelle disparaît, le mâle reproducteur se transformera et prendra sa place et le plus gros des mâles non-reproducteurs deviendra un reproducteur et gagnera en taille.

L’avantage de la protandrie est basé sur le principe qu’au plus une femelle aura une taille imposante, au plus elle produira d’oeufs, augmentant ainsi les chances de survie de l’espèce. Le temps est donc mis à profit pour qu’un individu profite de sa taille plus réduite pour l’activité de fécondation et ainsi ne changer de sexe que lorsqu’il aura atteint une taille suffisante pour pouvoir pondre un grand nombre d’oeufs.

Un autre exemple est la très jolie murène ruban que l'on retrouve dans l'océan Indien et dans l'Indo-Pacifique.


□ L’hermaphrodisme alternant : où l’individu va changer de sexe plusieurs fois au cours de sa vie. Ces changements peuvent survenir en cas d'absence d'un partenaire donné (mâle ou femelle) dans le milieu ou d’une hiérarchie dominante (ex : si un mâle dominant de taille supérieure se manifeste, les autres mâles peuvent repasser en mode femelle). Certains types de gobies ou certains poissons faucons ont cette aptitude.



Imaginiez-vous que le monde sous-marin était aussi complexe ? Mère nature se montre incontestablement très créative et pleine de surprises !

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